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Roche suspend sa recherche contre le sida

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AuteurMessage
Kira
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Sexe:MasculinVerseauDragon
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MessageSujet: Roche suspend sa recherche contre le sida   Mar 15 Juil - 20:27

Le laboratoire suisse Roche a suspendu ses recherches sur de nouveaux médicaments permettant de lutter contre le Sida jugeant qu’aucun médicament en cours de développement ne procure de résultats satisfaisants.

« Dans les cinq à six ans à venir, nous ne voyons pas de thérapie qui apporte une amélioration aux thérapies déjà existantes », a annoncé le porte-parole de Roche. Le laboratoire a réaffecté les chercheurs travaillant sur le VIH vers d’autres activités et souhaite se concentrer en virologie sur l’hépatite B et C.

Le Fuzeon, le Viracept et l’Invirase, médicaments destinés au traitement du VIH et développé par Roche, seront encore commercialisés par la firme. En 2007, ces trois médicaments ont réalisé un chiffre d’affaire de 160 millions de francs suisses (98,6 millions d’euros).

Pour les associations luttant contre le Sida, cette annonce est un coup dur qu’ils vont devoir surmonter. En 2007, le virus du Sida a infecté près de 2,5 millions de personnes dans le monde alors que 2,1 millions de personnes sont mortes de la maladie.
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JuLien
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Sexe:MasculinSagittaireCheval
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Messages : 2357
Localisation : Nulle part

MessageSujet: Re: Roche suspend sa recherche contre le sida   Mar 15 Juil - 20:54

Oui c'est vraiment dommage. Le Sida est une maladie tellement complexe, un peu comme le cancer, les groupes privés cherchant une rentabilité immédiate, c'est guère étonnant comme décision!

Que fait la recherche publique ?
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noisette69
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MessageSujet: Re: Roche suspend sa recherche contre le sida   Mar 15 Juil - 21:31

Les laboratoires pharmaceutiques utilisent le tiers-monde comme terrain d’expérimentation
23 mai 2001 (L’Humanité)
PARIS, 23 mai 2001 (L’Humanité)

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A la recherche de cobayes humains
Pour tester un médicament contre le sida, a-t-on le droit de ne pas soigner les malades du " groupe témoin " ? Cette expérience est monnaie courante en Afrique australe, confirme un chercheur américain.

Aujourd’hui, la très grande majorité des 36 millions de personnes vivant avec le VIH-sida ne peuvent accéder aux multithérapies en raison des prix imposés par les trusts pharmaceutiques détenteurs des brevets sur ces médicaments. D’où l’importance du débat sur les médicaments génériques ouvert à l’occasion du procès avorté contre l’Afrique du Sud et de celui en cours opposant Washington au gouvernement brésilien (à l’avant-garde en ce domaine). Première conséquence du retrait de la plainte des laboratoires contre Pretoria, un sommet rassemblant une cinquantaine de pays pour l’utilisation de ces traitements anti-VIH est annoncé au Burkina Faso pour la fin de l’année.

Mais les " relations " entre entreprises pharmaceutiques et tiers-monde ne se limitent pas au domaine des prix, fût-il décisif pour l’avenir, elles s’étendent à l’expérimentation, et là aussi les sujets d’inquiétude sont légion. Ce que résume David Rothman, directeur du Centre d’études de la société et de la médecine au Columbia College of Physicians and Surgeons à l’université de Columbia (1), par ce constat : " Jusqu’aux années quatre- vingt-dix, les Américains conduisaient l’essentiel de leurs expérimentations médicales sur d’autres Américains, souvent choisis parmi des gens pauvres et vulnérables. Désormais, ils travaillent de plus en plus souvent dans des pays du tiers-monde sur des personnes encore plus vulnérables. "

A l’origine de ce changement dans la recherche de cobayes humains, plusieurs scandales ayant secoué en profondeur l’opinion américaine. Tel celui de Tuskegee, village d’Alabama, où pendant quatre décennies une " expérimentation " a été menée par le service américain de santé publique sur la syphilis. Elle consistait à observer des Noirs syphilitiques en... leur refusant tout traitement ! Motif donné par les chercheurs : comprendre l’évolution naturelle de la maladie ! En 1997, le président Clinton a présenté officiellement des excuses pour l’affaire de Tuskegee, reconnaissant qu’il s’agissait là d’une " étude clairement raciste, orchestrée par le gouvernement ".

Autre exemple, plus récent, le scandale de Willowbrook, un centre pour les retardés mentaux à New York. Les nouveaux arrivants y étaient délibérément infectés par le virus de l’hépatite afin que des chercheurs de l’université de New York puissent observer l’évolution de la maladie. Là aussi il ne fut mis un terme à cette pratique qu’après sa révélation par la presse.

L’effarement de l’opinion soumise à ce genre de révélations fut tel que les laboratoires pharmaceutiques et les chercheurs (aux Etats-Unis une grande partie de la recherche est conduite par des organismes publics et bien sûr rétrocédées au privé dès que se dessine une perspective de commercialisation) jugèrent plus prudents de s’orienter vers les pays pauvres pour poursuivre leurs investigations. C’est tout particulièrement le cas du sida, " première maladie infectieuse moderne à frapper simultanément le monde développé et le monde en développement ", souligne David J. Rothman.

Il y a là les ingrédients du cercle vicieux parfait. Les pays africains, asiatiques ou sud-américains où l’on conduit maintenant des essais cliniques sont trop pauvres pour acheter ensuite les médicaments qui auront fait leurs preuves lors de ces essais. De ce point de vue, le terme de " cobaye " se justifie totalement : il s’agit de mettre à profit des gisements de sujets d’expérimentation, hors des règles et normes en vigueur dans les pays développés, telles que codifiées par la déclaration d’Helsinki de 1964 sous la houlette de l’Association médicale mondiale (voir notre encadré ci-contre). Pas même besoin d’obtenir le " consentement libre et éclairé du sujet ", pour reprendre les termes de cette déclaration, une somme dérisoire versée à ce dernier suffit pour le transformer en " testable " à merci. Un aspect inédit de la mondialisation capitaliste !

Ainsi des recherches sont en cours en Afrique australe sur la transmission du sida de la mère à l’enfant. Afin de mettre au point des traitements courts par l’AZT, des groupes d’expérimentation sont constitués dont certains sont à titre comparatif " traités " par un placebo, en clair une illusion médicale. Cette pratique fut dénoncée dès 1997 par un éditorial célèbre du New England Journal of Medicine, qui rappelait la disposition d’Helsinki selon laquelle les groupes témoins doivent toujours " bénéficier des meilleurs moyens diagnostiques et thérapeutiques connus ", en l’occurrence, le traitement long par l’AZT largement au point dans les pays développés. Oui, mais voilà, cela coûte cher... En administrant un placebo aux groupes témoins en Afrique australe et en Thaïlande, écrit Marcia Angell, signataire de l’éditorial en question, les chercheurs avaient violé les principes d’Helsinki et fait preuve d’un " mépris inhumain du bien des patients ". Qui rappelle le racisme des chercheurs de Tuskegee.

Jean Chatain

(1) Publié dans le New York Review of Books, ce texte est reproduit intégralement dans le numéro de mai de la revue française la Recherche, sous le titre "Les nouveaux cobayes de la recherche médicale".
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noisette69
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Sexe:FémininPoissonsSinge
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MessageSujet: Re: Roche suspend sa recherche contre le sida   Mar 15 Juil - 21:36

Polémique autour de tests humains pour des médicaments anti-sida au Cameroun
Les interrogations demeurent autour des essais d’anti-rétroviraux à Douala

Un reportage diffusé sur France 2, le 17 janvier dernier, insinue que le virus du sida aurait été inoculé à des prostituées séronégatives au Cameroun afin de tester un médicament prophylactique, le Viread, produit par le laboratoire Gilead. Une association camerounaise, le Réseau éthique droit et sida et Act-up avaient déjà remarqué des anomalies dans le protocole dès mai dernier. Les chercheurs nient, pour leur part, avoir pris des décisions non conformes à l’éthique.



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mardi 25 janvier 2005

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Par Valentine Lescot

Les prostituées de Douala au Cameroun ont-elles été encouragées à n’avoir que des rapports sexuels non protégés contre 4 euros pas mois (1 250 fcfa) ? Le laboratoire américain Gilead se sert-il de femmes africaines “ saines ” à bon prix pour déterminer si son médicament, le Viread (ou Ténofovir), peut prévenir du sida ? Un reportage diffusé sur France 2, le 17 janvier dernier, “ Ce que les laboratoires ne disent pas ”, a mis le feu aux poudres dans la presse camerounaise et internationale sur une affaire jugée “ scandaleuse ” par les associations de lutte contre le sida, mais “ partiale ” par les organisateurs des essais. Rappel des faits.

Financée par la fondation Bill et Melinda Gates (BMG) à hauteur de 6,5 millions d’euros, l’Organisation non gouvernementale (ONG) américaine Family health international (FHI) conduit un test sur 1 200 hétérosexuelles très exposées au VIH, en particulier des prostituées, au Ghana, au Cameroun, au Nigeria et au Cambodge, afin de vérifier l’efficacité et l’innocuité du Viread. Celui-ci est produit et donné gratuitement pour les besoins de l’expérience, qui va durer 12 mois, par le laboratoire Gilead. Au Cameroun, 400 filles de Douala se prêtent à cette expérience, confiée par la FHI à l’ONG Cameroun Health Programm (CHP). Selon un récent communiqué du ministère de la Santé du Cameroun, “ l’essai n’a été autorisé en janvier 2003 qu’après un long processus de vérification attestant que tous les principes éthiques régissant toute recherche impliquant l’être humain étaient respectées dans le protocole, notamment sur le conseil aux volontaires, la prise en charge et le suivi des volontaires ainsi que l’utilisation d’un placebo (produit substitut sans effet, ndlr) ”.

Le REDS et Act Up enquêtent

Les associations ne semblent pas d’accord quant à la conformité dudit protocole. “ Le problème dans cette étude est la question de la prise en charge financière des femmes séroconverties au cours des essais ”, explique Jean-Marie Talom, président du Réseau éthique droit et sida (REDS) établi à Yaoundé. C’est le REDS qui, le 1er décembre 2004, lors de la journée internationale de lutte contre le sida, a divulgué dans la presse locale cette anomalie. “ En février 2004, nous avons appris que des essais d’un anti-rétroviral allaient se dérouler à Douala. Nous avons essayé d’obtenir des informations sur le suivi des tests auprès du CHP. L’ONG n’a pas voulu nous répondre. Nous avons alors contacté l’association anti-sida Act-up à Paris qui est venue faire une enquête avec nous en mai dernier. Le CHP a alors bien voulu nous donner des documents, en particulier le protocole de recherche [*] et les fiches de consentement remises aux prostituées (acceptation de se faire dépister et de suivre les tests). Nous nous sommes alors aperçus qu’il n’était pas spécifié que les femmes ayant contracté le sida pendant les tests seraient soignées. D’autre part, l’ONG ne distribue que des préservatifs masculins et pas de préservatifs féminins, lesquels sont plus facilement négociables pour les prostituées qui ne sont pas en rapport de force avec leurs clients ”, raconte Jean-Marie Talom.

Celui-ci rencontre le Professeur Doh Anderson Sama, directeur de l’hôpital pédiatrique de Yaoundé et investigateur principal des recherches, et lui fait part de ses préoccupations et solutions. Selon le président du REDS, le médecin ne veut pas distribuer le préservatif féminin, arguant qu’il n’est pas plus stratégique qu’un autre. Par ailleurs, il lui assure que les femmes contaminées seront envoyées dans les hôpitaux et non laissées à l’abandon. “ La prise en charge des femmes contaminées à la suite des tests n’est pas une obligation éthique. Nous devons seulement traiter les personnes malades à cause de complications liées au médicament ”, explique à Afrik.com le professeur Doh, qui confirme par ailleurs que le protocole initial ne spécifiait pas de soigner les personnes contaminées. “ Mais depuis quelques temps, après concertations avec la FHI, nous prenons en charge les malades. Ce matin (mardi, ndlr) nous avons envoyé une femme dans un établissement agréé. Par ailleurs, nous expliquons bien aux filles qu’elles doivent avoir des rapports protégés et leur distribuons des paquets de 48 préservatifs à chaque fois qu’elles viennent ”, ajoute-t-il. Au Cameroun, le traitement tri-thérapique, subventionné par l’Etat, coûte au malade 3 000 fcfa par mois, auxquels il faut ajouter 18 000 fcfa d’examens préalables. Pour le programme de recherche sur le Viread lancé par la FHI, le Cameroun health program aurait reçu un budget de 800 000 dollars.

“ On cherche à frapper une mouche avec une mitraillette ”

De son côté, le président du Comité national d’éthique du Cameroun, le professeur Lazare Kaptue, qui a participé à la vérification du protocole de recherche, assure également avoir demandé aux chercheurs de faire soigner les personnes contaminées par le sida au cours de l’expérience. Tout en se plaignant que, dans cette affaire, “ on cherche à frapper une mouche avec une mitraillette ”. Le professeur fait partie d’une mission d’évaluation et de suivi commise récemment par le ministère de la Santé, suite aux pressions médiatiques pour travailler sur la recherche clinique à Douala concernant le Viread. Dirigée par le professeur Peter Ndumbé, elle devrait publier son rapport dans une dizaine de jours. Pour sa part, le REDS dit ne rien attendre de cette enquête menée par des médecins qui “ ne tireront pas dans les pattes de leurs collègues ”.

Au sein d’Act Up, à Paris, on parle de conflit d’intérêt entre éthique et économie. “ Pour des raisons financières, le laboratoire a fait le choix d’organiser les essais dans les pays du Sud plutôt qu’au Nord, où la probabilité d’être exposé au VIH est plus faible. Le laboratoire aurait dû inclure 100 fois plus de personnes au Nord qu’au Sud pour avoir des résultats significatifs (si le test s’était déroulé au Nord, ndlr). Comble du cynisme, Gilead a choisi d’inclure les personnes les plus vulnérables, des prostituées fortement exposées au virus ”, relève l’association dans un communiqué daté du 20 janvier dernier. Et même si toutes les précautions préventives sont prises, les laboratoires tablent toujours sur un pourcentage statistique de personnes qui ne se protègeront pas pour valider leurs expériences. A condition que l’échantillon pris soit très important, ce qui n’était pas le cas au Cameroun. Une situation compensée par le recours à une population particulièrement à risque. En juillet 2004, Act Up remarquait, suite à son enquête avec le REDS, que “ la prise en charge psychologique et les moyens mis en œuvre pour favoriser l’usage du préservatif étaient très insuffisants : 5 conseillers et 4 médecins pour 400 prostituées. “ Mais ”, conclut Act Up, “ il faut des contaminations pour que les résultats de l’essai soient intéressants ”... Affaire à suivre.
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Roche suspend sa recherche contre le sida

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